French Journal for Media Research

Marcy Delsione Ovoundaga

Les réseaux sociaux du web et les nouvelles formes d’engagement politique au Gabon : le cas de Facebook

Résumé

Depuis l’arrivée des médias alternatifs en Afrique, plusieurs questions se posent sur leurs usages par le corps social. Les événements du Printemps arabe de 2011 ont revitalisé ces questions, en posant notamment les réseaux sociaux du web comme des moteurs du changement ou des outils sur lesquels on peut apprécier les mutations des sociétés africaines. En nous situant dans cette droite ligne, nous nous proposons d’analyser dans cet article les formes d’engagement politique observable sur les différents réseaux sociaux au Gabon et sur Facebook en particulier.

Abstract

Since the arrival of alternative media in Africa, several questions arise about their uses by the social body. The events of the Arab Spring of 2011 have revitalized these issues, including social networks of the web as drivers of change or tools on which we can appreciate the changes in African societies. By being in this straight line, we propose to analyze in this article, the forms of political commitment observable in the various Gabon social networks and Facebook.

Texte intégral

Introduction

1Les mouvements révolutionnaires du printemps Arabe ayant provoqué la chute de certains régimes politiques autoritaires, ont suscité plusieurs interrogations sur l’impact sociétal des médias en général et sur celui des réseaux sociaux du web 2.0 en particulier. Certaines thèses optimistes et technicistes ont hâtivement milité pour une surenchère médiatique de l’apport révolutionnaire des usages d’internet (Lecomte, 2011). Ces conclusions ont donné pleinement de la crédibilité au déterminisme technologique cher à Marshall Mc Luhan. Bien qu’aujourd’hui cet argument du déterminisme technologique soit relativisé, il est toutefois impossible d’affirmer que les médias sociaux numériques ont un rôle neutre dans le fonctionnement des sociétés. Dans ces différents changements observés, ici et là, il y a réellement beaucoup à dire sur le rôle joué par les moyens de communication et les réseaux sociaux. En effet, comme nous le précisent certains observateurs, dans des pays où le contrôle politique sur les médias traditionnels (presse écrite, radio et télévision) est encore d’actualité, les médias alternatifs (réseaux sociaux : Facebook, twitter, WhatsApp, etc.) se sont présentés comme de véritables canaux de diffusion et de partage de l’information.

2    À travers ces derniers, des nouvelles tribunes de discussions publiques se sont créées rassemblant la grande majorité des acteurs sociaux. Ce phénomène semble grandissant en Afrique sub-saharienne et au Gabon en particulier. Depuis un bon nombre d’années face à la persistance des médias d’état caractérisés par une forme de mutisme sur certains faits sociaux, les médias sociaux numériques constituent des nouvelles plateformes de partage de l’information. C’est cette réalité qui motive notre investigation sur le sujet suivant : Les réseaux sociaux du web et les nouvelles formes d’engagement politique au Gabon : le cas de Facebook.

3   Depuis l’apparition de Facebook dans les sociétés africaines, les enjeux de ses usages se font sentir sur les plans politiques, économiques et culturels. Dans plusieurs pays et au Gabon, l’usage de Facebook a un lien direct avec l’activité politique, et cela surtout en période électorale. À ce sujet, le journal Afrique Le Point ne révèle-t-il pas que durant les élections présidentielles qui ont eu lieu en Ouganda, au Tchad, en République démocratique du Congo, et au Gabon entre 2015 et 2016 plusieurs coupures du réseau internet étaient effectuées pour empêcher l’accès aux réseaux sociaux comme WhatsApp, Twitter et Facebook (Afrique. Lepoint 2016). Si ces pratiques peuvent susciter des questionnements au niveau des violations de l’État de droit, de l’atteinte aux libertés individuelles, il y a lieu également de s’interroger sur l’impact de ces médias alternatifs dans le déroulement du jeu politique et qui plus est dans un État comme le Gabon où le taux de pénétration d’internet est situé à 38% avec une couverture dans les onze principales villes du pays (Libreville, Port-Gentil, Gamba, Lambaréné, Mouila, Tchibanga, Makokou, Franceville, Moanda, Oyem, Bitam). Mais au Gabon, comme le démontre certains indicateurs, l’accès à internet et aux réseaux sociaux se fait le plus par l’internet mobile. Et les données statistiques montrent que le taux de pénétration au réseau mobile au Gabon s’élève 179% (Rogy, Dubow, 2014). Ces données semblent attester que le corps social gabonais est désormais connecté aux nouvelles technologies de l’information. Mieux encore, le comptage effectué par l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (ARCEP) a montré une nette augmentation du parc total d’utilisateurs d’Internet qui est passé de 70.45% à 72.56% pour la seule période de janvier à mars 2016 (TicMag. Gabon. 2016). Ces chiffres, aussi parlant, nous montre comment internet en général et les réseaux sociaux en particulier se généralisent à l’ensemble du corps social gabonais. Les différentes censures et coupures pratiquées, ici et là, doivent certainement cacher une activité citoyenne qui n’est pas sans conséquence pour le pouvoir politique.

4   L’expérience tunisienne a bien montré comment l’activité des internautes sur Facebook a été  tournée vers l’activité politique par la dénonciation des pratiques anti-démocratique et ce, en instituant ce réseau en tribune d’expression ou en encore en faisant d’elle le baromètre de l’humeur du jour, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale (Hatem M’Rad, 2017 : 43). De telles considérations nous poussent nécessairement à nous questionner sur le lien entre citoyenneté et usages sociaux de Facebook d’une part, et entre citoyenneté et engagement politique en ligne d’autre part.

5   Dans ce présent article, nous souhaitons analyser les formes d’engagement citoyen en général et celles politiques en particulier. Autrement dit, nous nous posons la question suivante : quelles sont les formes d’engagement citoyen ou politique observable sur les réseaux sociaux numériques en général et sur Facebook en particulier ?

Méthodologie

Cadre de référence

6    Se questionner sur les nouvelles formes d’engagement citoyen sur Facebook enregistre la de cette problématique explorée en sciences sociales dans la thématique du militantisme en ligne désigné cyberactivisme. Une notion que Sihem Najar appréhende comme une forme d’engagement citoyen en ligne qui instaure et mobilise des réseaux télématiques en vue d’agir sur la réalité sociale et défendre la cause commune (2011). Il s’est réellement développé avec l’avènement des réseaux sociaux numériques. Pour ce qui concerne le continent africain, les investigations faites se sont appuyées sur l’expérience tunisienne. Si certains analystes ont mis en avant l’apport d’une technologie de l’information et de la communication « démocratisante » dans la lutte pour une société juste (Kiyindou, 2016) ; d’autres par contre traitent de l’émergence d’un espace public que d’aucuns ont du mal à apprécier sous les termes Habermasien. Car pour qu’il soit considéré comme tel il faut qu’il possède une fonction délibérative et qu’il soit accessible à tous. De ce fait, des chercheurs nuancent cette vision en précisant que Facebook n’est pas un espace public, mais plutôt l’espace d’un public. Cette idée est soutenue par des arguments d’ordre socio-culturel et économique qui font en sorte que ces nouveaux espaces soient dominés par une certaine classe sociale. C’est sans doute pour cela que d’aucuns disent que l’espace Facebook est ouvert à un public qui prétend dominer la sphère publique, une nouvelle « bourgeoisie » d’intellectuels, de militants de la société civile et de jeunes agissant en contre public (Mejri, 2017 : 29). Une telle nuance nous amène à l’étude des nouveaux espaces publics à l’analyse de leur reconfiguration telle que présentée par Miège (2010, Cardon 2010, Dahlgren, 2010). Car n’oublions pas que ces réseaux sont dans un cyberspace qui est considéré comme un espace global commun dont les frontières sont liées à la localisation géographique des internautes ou des infrastructures physiques (Ghernaouti, Dufour, 2017 :116). Adhérer à ce principe, c’est reconnaître que les espaces offerts par les réseaux sont des espaces publics qui ne sont pas uniformes. De ce fait, il est tout de même judicieux de reconnaître l’existence des espaces publics pluriels dont il est important de lire les spécificités en tenant compte des champs sociaux. Entre les tenants de la sociologie des usages (Serge Proulx, 2015) et certaines considérations qui tendent à valoriser en permanence le monde de la technique (Miège, 2007, p. 23), n’est-il pas opportun de trouver une piste pertinente pour rendre compte du rôle de Facebook dans des États africains en général et au Gabon en particulier ? Ce faisant, nous nous inscrivons ici dans cette tradition initiée depuis le printemps Arabe de 2011 qui appréhende les réseaux sociaux comme des espaces d’expression démocratique qui viennent s’ajouter à d’autres espaces souvent plus en phase avec le système culturel comme le présente Alain Kiyindou (1999).

Méthode

7  Pour la réalisation de cette étude, nous avons opté pour le croisement des méthodes de recueillement de données en sciences sociales et en sciences de l’information et de la communication. En nous appuyons sur une approche communicationnelle des commentaires de l’actualité, comme cela a été déjà fait dans certains travaux pionniers à l’exemple des études d’Arsène Sévérine pour le cas des internautes chinois (2011). Nous avons analysé premièrement les commentaires émis sur le groupe Facebook Infos-Kinguélé Libre1. Et nous croiserons cette analyse d’une série d’entretiens semi-directifs réalisée avec certains acteurs politiques et sociaux gabonais. Concernant la première méthode, la démarche adoptée est fondée sur l’observation, une veille régulière du contenu et des pratiques des « Facebookeurs » du groupe Facebook Infos-Kinguélé Libre de janvier 2018 à février 2018. Si le choix de cette période est entièrement lié aux besoins pratiques de disposer d’un corpus pour cette étude, l’attention portée au groupe Facebook Infos-Kinguélé Libre se justifie par son ancienneté, son nombre de membres (79000), la nature composite des membres qui donne une pluralité des opinions aux débats qui s’y effectue. Il faut dire que le contexte qui a prévalu après les élections présidentielles de 2016 a motivé la création de plusieurs groupes Facebook dont la caractéristique principale est l’homogénéité politique de leurs membres. C’est à peu près ce qu’expose Romain Lecomte concernant le cas tunisien en parlant de ces groupes d’internautes tunisiens complètement hostiles au pouvoir en place (R. Lecomte, 2013). Au Gabon, après août 2016, la toile facebookienne a été prise d’assaut par des groupes d’activistes politiques ayant pour seule ambition de mettre fin au régime Bongo. Face à cet état de chose, le groupe Infos-Kinguélé Libre semble présenter, au nom de son ancienneté, les attributs d’une tribune pluraliste. Ainsi, en effectuant une veille communicationnelle sur ce groupe du 1er janvier au 28 février 2018, nous avons pu identifier plus d’une centaine de contenus dans lesquelles nous avons pu relever 395 commentaires ayant un rapport direct avec notre objet d’étude.

8   Pour ce qui est des entretiens semi-directifs, nous nous sommes entretenu par voie téléphoniques, courrier électronique et échanges sur les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp) avec des acteurs politiques, des leaders sociaux et quelques journalistes. Des échanges au cours desquels ils ont pu nous livrer leur assentiment sur le rôle des réseaux sociaux et de Facebook dans le déroulement du jeu politique au Gabon. Et ils nous ont surtout entretenus sur l’impact de ces réseaux sur les formes d’engagement politique actuellement.

De l’espace médiatique traditionnel gabonais aux réseaux sociaux numériques

9 Il est impossible de saisir l’enjeu des réseaux sociaux numériques dans les pays africains sans cerner, de plus près, le contexte médiatique qui caractérisent au mieux plusieurs de ces États. De ce fait, il est donc judicieux ici de resituer le contexte médiatique gabonais dans son cadre fonctionnel, c’est-à-dire souligner ses spécificités, pour apprécier les bouleversements drainés par l’arrivée de ces réseaux. Les médias au Gabon sont nés sous l’initiative des pouvoirs publics. Ils ont évolué sous un régime de monopole jusqu’à leur libéralisation en 1990. Depuis cette date, le paysage médiatique national présente une variété médias publics et privés et fonctionne sous le sceau du pluralisme d’opinions conformément aux dispositions du Conseil National de la Communication. L’étude réalisée par l’Unesco en 2012 a livré les statistiques suivantes concernant l’offre médiatique : 20 titres de presse écrite, 50 stations de radios et 12 chaînes de télévisions. Malheureusement cette offre médiatique est restée concentrée dans les grands centres urbains. Malgré la présence des chaînes satellitaires qui sont captées à l’échelle nationale, les médias publics occupent, au nom de leur ancienneté, une place très importante. Mais la mainmise étatique qui demeure sur eux les empêchent d’être des tribunes libres, indépendantes et ouvertes à tous. André-Jean Tudesq expose mieux cette réalité en décrivant comment la télévision et le journal télévisé en particulier sont des enjeux de pouvoir en Afrique (1998 : 84). Les médias ont toujours été considérés comme des attributs du pouvoir. Et cela surtout au Gabon où le pouvoir en place contrôle les médias publics et la plupart des médias privés sont la propriété de l’élite politique. Cette situation ne contribue pas à favoriser l’émergence d’un espace médiatique libre et démocratique. D’ailleurs, au cours d’une enquête menée de janvier à décembre 2014 sur l’accès des acteurs politiques à l’espace communicationnel des journaux télévisés de Gabon Télévision (première chaîne chargée d’assurer le service public), nous avons constaté qu’il y a une partialité dans l’accès à cette tribune politique. Les acteurs politiques de l’opposition y étaient faiblement représentés. Le tableau ci-dessous expose au mieux cette réalité.

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                 Source : Marcy Delsione Ovoundaga, données de l’enquête 2014

10 Il y a une dominance des acteurs politiques au pouvoir, représentés par le Parti Démocratique Gabonais (PDG), dans l’espace médiatique officiel alors que les leaders de l’opposition, par l’entremise du MORENA Union des Forces du Changement (UFC), ne sont représentés que faiblement. Dans un tel contexte où les tribunes de débats sont confisquées et/ou entièrement occupées par les acteurs politiques au pouvoir, comment alors apprécier l’arrivée des nouvelles technologiques de l’information et de la communication. En s’appuyant sur ces expériences africaines, Alain Kiyindou explique mieux cette situation en disant qu’avec ces nouvelles technologies ce sont des nouveaux espaces démocratiques qui y émergent (2016). Cependant, l’arrivée d’Internet au Gabon en 1997 a-t-elle conduit réellement à cette réalité ? Sinon, qu’en est-il réellement ?

Les réseaux sociaux numériques, Facebook et l’émergence d’une nouvelle tribune politique au Gabon : Infos Kinguélé

De l’arrivée d’Internet à l’émergence des espaces sociaux numériques

11   Les contextes non favorables à la liberté d’expression et la liberté des médias ont contribué à vivifier l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le corps social africain. Cet état de chose fut consécutif aux différents environnements médiatiques qui sont nés au lendemain des conférences nationales de 1990. L’arrivée d’Internet va bouleverser cette donne en créant des espaces ouverts à tous. Ceci en œuvrant à la création des sites, des blogs, des forums et d’autres dispositifs qui prônent la libre parole des populations et qui se positionnent comme des contrepoids de la parole du pouvoir politique (Kiyindou, 2016). En effet, dans ces pays où l’accès aux médias locaux a été restreint, internet a ouvert la voie à une blogosphère citoyenne. Pour le cas de la Tunisie, par exemple, il a été démontré comment au fur et à mesure les blogs se sont imposés comme nouvel espace central de la critique (Merji Khaled, 2017). Dans d’autres États, l’avancé d’internet ne fut pas aussi rapide. Au Gabon, malgré la connexion à Internet en 1997, la création des sites et blogs n’eut pas un grand succès. Il faudra attendre la structuration autour de l’internet et de la téléphonie mobile pour voir les nouvelles technologies de l’information se répandre à l’ensemble du corps social (Bala, 2010, 48).  Cette large connexion d’Internet a permis l’émergence d’un espace numérique qui a donné la possibilité aux leaders politiques de participer aux débats publics. Cette tribune numérique sera plus perceptible avec l’arrivée du réseau social Facebook au début des années 2000. Comme l’explique bien des observateurs, le réseau social Facebook a favorisé l’élargissement de la notion de participation à des formes d’expression beaucoup moins exigeantes socialement et culturellement (Cardon, 2010, p. 80).

12   Le succès de Facebook dans l’espace médiatique gabonais est également lié à un autre critère socio-culturel qui met en toile de fond l’éveil citoyen et la place des populations jeune dans l’apparition de cette plateforme numérique. En effet, une récente étude organisée par le ministère de l’économie numérique, de la communication et de la poste a montré que les premiers grands utilisateurs de Facebook au Gabon sont les jeunes de la tranche d’âge de 18-24 ans, suivi de celle de 25-34 ans (Michel Rogy, Jacqueline Dubow, 2016, 10). Avec cette nouvelle génération, c’est un nouveau type de citoyen qui utilise mieux les innovations technologiques, et expose systématiquement les problèmes politiques, économiques et sociaux du pays sur la toile. Le réseau social Facebook fait désormais parti de ces espaces où les populations ont accès à l’information, où s’effectue des débats de tout ordre.

13   D’ailleurs les avis des acteurs sociaux et politiques interrogés sur cette question sont beaucoup convergents. Ils considèrent les réseaux sociaux numériques en général et Facebook en particulier comme « une plateforme, une vitrine politique et sociale pour les populations » (données de l’enquête, 2018). Ce réseau est beaucoup plus utilisé par les politiques dans leurs adresses aux citoyens. Au cours des différentes échéances électorales, les réseaux sociaux jouent le rôle de tribune politique.

Le groupe Facebook Infos-Kinguélé Libre, une nouvelle tribune politique

14Si l’on s’accorde avec Gregory Derville en considérant les médias comme des miroirs dans lesquels viennent se refléter les personnages, les discours et les commentaires qui animent la société (1999 : 152), on peut au mieux appréhender les enjeux sociaux des médias alternatifs du Web (Facebook) en Afrique de façon globale et au Gabon. Ces médias plus connus sous l’appellation de réseaux sociaux numériques sont des outils qui permettent à des utilisateurs de stocker des informations personnelles sur un compte et de les mettre en ligne sur une « page », grâce à laquelle ils peuvent développer des interactions avec d’autres utilisateurs (Duchamps et Vautier : 2006 : 17). Il appert que ces réseaux soient devenus de véritables lieux de diffusion et de partage de l’information sur le continent africain.

15   Au Gabon, les médias sociaux numériques sont très usités par une grande majorité de la population et Facebook est le réseau le plus populaire du pays (RFI : 2016). Ce réseau social apparaît comme une véritable tribune où les acteurs politiques ne cessent d’assurer leur présence sur plusieurs groupes de diffusion, de partage et de discussions  des informations politiques, économiques et sociales. C’est le cas du groupe Facebook Infos Kinguélé Libre. Ce dernier est un groupe public purement satirico-politique, il décortique les événements politiques, économiques, culturelles et sociales. Il compte plus de 70000 membres. Bien que certains membres affichent ouvertement leurs identités, d’autres par contre les dissimulent. Un comportement qui fait d’ailleurs penser aux arts de dissimulation politique qui, selon Scott, consistent pour le dominé soit à masquer son identité, soit à « voiler » l’acte de résistance ou la critique qu’il produit (Lecomte, 2013). Dans ce forum, de tels actes sont récurrents au regard des dérives autoritaires qui tendent à opprimer des individus pour leurs opinions politiques. L’arrestation de l’activiste Landry Amiang Washington en 2016 semble confirmer cette réalité (GL9.News, 2018). Nonobstant ce fait, ce groupe public joue le rôle d’une tribune virtuelle dans laquelle les enjeux de la communication politique nationale sont perceptibles. En effet, au regard de la mainmise politique qui perdure sur les médias publics, certains acteurs politiques et sociaux prennent d’assaut la toile pour rendre public leurs points de vues et susciter les interactions des internautes gabonais. Le groupe Facebook Infos Kinguélé semble donc présenter les attributs d’une scène de communication politique. D’autant plus qu’au Gabon la présence même sur les réseaux sociaux constitue la nouvelle bataille politique (Gaboneco.com : 2017). Entre stratégie de présence sur un média comme le présente Marlène Coulomb-Gully et nouvelle scène de diffusion de l’information, l’espace offert par ce média alternatif semble donner la vigueur aux activités communicationnelles de ces politiques en quête de reconnaissance et notoriété publique. Partant de ces observations, il y a lieu d’appréhender ces espaces publics contemporains comme des nouvelles tribunes politiques du champ social gabonais.

16   Dans d’autres espaces sociaux, le réseau social Facebook a été considéré comme une tribune citoyenne et politique. Cela fut notamment le cas en Tunisie où sa popularité l’a institué en tribune de prise de conscience citoyenne (Lecomte, 2013). Ce réseau a donné la possibilité aux internautes de dénoncer des faits et de militer pour le changement. Dans un tout autre sens, il a permis l’émergence d’un activisme politique qui était moins populaire avec les blogs sur Internet. Le groupe Facebook Infos Kinguélé est également à assimiler dans ce sens. Il est au cœur de la problématique communication et démocratie. Car rassemblant des internautes gabonais en quête de justice sociale et de l’avènement d’un État de droit.

17   À travers ce groupe, l’existence du couple communication et démocratie semble perceptible. Car, rappelons-le, l’espace offert par Info-Kinguélé donne la possibilité à l’ensemble des acteurs sociaux de débattre sur les affaires publiques. À ce propos, il présente la configuration d’un espace public comme le définit si bien Dominique Wolton en assurant le passage entre la société politique et la société civile tout en permettant que les problèmes soient débattus de façon contradictoire (1998 : 145).

18  C’est justement cette faculté de débattre ouvertement sur les sujets d’ordre politique, économique et culturel qui donne à cet espace cette valeur de nouvelle tribune politique. Les différents acteurs expriment leurs opinions en toute liberté et sans crainte de censure. Et à travers cette manifestation de liberté, on peut y percevoir des nouvelles attitudes citoyennes qui sont plus ou moins liées au regard des populations sur la gestion de la chose publique ou encore sur l’exercice de leurs engagements politiques.

Les formes d’engagement politique sur Facebook (Infos Kinguélé)

19  Comme le spécifie si bien Jacques Gerstlé, la politique ne se définit pas comme un secteur isolable, il se nourrit d’enjeux économiques, sociaux, culturels, linguistiques, etc. (2004 : 160). Les sujets diffusés sur le groupe Facebook Infos-Kinguélé sont puisés dans tous les secteurs de la société. Il n y a pas une focalisation sur le registre politique. Et cela bien qu’une grande partie des informations aient une nature purement politique. Les thèmes exposés sont le plus souvent accolés à l’actualité nationale. Il s’agit, dans bien des cas, des faits politiques ou de sociétés qui font la une de la presse nationale, ou des actualités ou rumeurs qui alimentent les conversations dans les lieux publics.

20   De notre observation des contenus émis entre janvier et février 2018, et des 395 commentaires relevés, nous avons pu faire plusieurs constatations. L’un des premiers constats porte sur le mode de diffusion des actualités. Celui-ci est libre. Les administrateurs du groupe diffusent certes du contenu mais en grande majorité ce sont des membres ou leaders d’opinion ayant parfois une identité politique affirmée qui partagent des faits et événements d’actualités. Dans ce laps de temps précis, la page fut saturée par des éléments en rapport avec l’actualité nationale et internationale. Entre des faits réels et des rumeurs qui alimentent la chronique en milieu politique, il appert que ce groupe fonctionne de la même manière que ces espaces traditionnels en société. Ce sont quasiment les mêmes sujets qui y sont traités. Et l’intérêt des membres est plus porté sur des sujets ayant une forte connotation politique. C’est le cas par exemple des postes suivants :

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      Extraits des sujets proposés

Secteur pêche Les réformes toujours rangées dans les placards du m

le secteur de la pêche, depuis des années, demeure le domaine d'activité où les grands projets de relance économique sont encore au stade des intentions

Mauvaise Gestion des centres hospitaliers au Gabon Quid des respon

la problème de la gestion des centres hospitaliers du Gabon, se pose encore avec beaucoup d'acuité dans le pays

Notre président bien aimé, El Hadj Ali Bongo Ondimba dans une démonstration de Karaté sans précédent. Les "aigris" de Facebook, les opposants, Rash Bath….

Source : données de l’enquête

21   À côté de ces thèmes d’actualités, il y a des interpellations directes de certaines personnalités politiques et des dirigeants de l’État sur des questions qui alimentent des chroniques de l’opinion publique nationale. Cela fut le cas pour Arnaud Claude Bilie By Nze, ministre de la communication mis à la Une de la page Infos Kinguélé Libre, en raison de son intervention sur les antennes de Radio France Internationale en rapport avec la nouvelle répartition du nombre de députés sur l’ensemble du territoire nationale. Puis celle de Jean Eyeghe Ndong, ancien ministre délégué aux finances de 1997, exposé sur cette tribune pour débattre de la convention signée entre L’État gabonais et Veolia liée à la privatisation de la Société d’Eau et d’Energie du Gabon (SEEG).

22Arnaud Claude Bilie By Nze et Jean Eyeghe Ndong

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         Source: données de l’enquête

23Sur ces faits mis en ligne, il apparaît une forme de discours qui s’appuient sur des positions politiques affirmées et qui s’actent à désigner les responsables dans une situation donnée, à décrédibiliser certains acteurs politiques ou encore en accordant du crédit à certains leaders. Les extraits de commentaires ci-dessous illustrent au mieux cette situation.

  Extraits de commentaires en ligne

1- Monsieur le 1er ministre vous êtes plus dans le système il faut donc parler ! Dire ce qu'on sait quand on a rien à se reprocher, rend crédible. En 1997, vous êtes ministre délégué aux finances, vous aviez la charge de conduire la privatisation de la SEEG ! Que dis-je de vendre une partie de notre souveraineté.

2- Mr Bilie by nze, vous dites sur rfi : La répartition du nbre de sénateurs par province tient compte , non pas du facteur démographique mais du nombre de départements. Ceci dit : n'aurait-il pas fallu avant nous expliquer comment le Haut Ogooué se retrouve être la province avec le plus grand nombre de départements ?

3- Il ne se prononce jamais sur les vrais questions comme l'invalidation des résultats de 21 bureaux de vote du 2eme Arrondissement, la révision constitutionnelle, Ali Bongo son petit fils et le redécoupage de la carte électorale, le nombre des députés

4-Je suis un opposant dur et sec M Charles … .Le pouvoir en place ne nous dira jamais la vérité c'est pourquoi j'interpelle notre opposant qui avait la charge de ce dossier à édifier le peuple de l'opposition

5- C'est un Mr intègre au moment venu il va le faire laisse moi ces diversions là

6- Vous avez vérifié si Jean Ping n'est pas aussi actionnaire dans Veolia ?

7- Le moins manipulateur reste Luc begone nsi,tout le reste nous traîne dans du caca

8- lol Christian….. et toi tes amis cagoulés de l'UN pendant que vous y êtes demandez à JEN des explications sur tous ce qui n'a pas marché du temps où il ètait au PDG. Et stp épargne moi le couplet du mec qui veut conscientiser toi et moi nous avons que c'est du pipo lool.

Source : données de l’enquête

24  Dans cet encadré, nous constatons qu’il y a vraiment un type de discours et une tonalité qui se manifestent dans cette tribune. À travers les sujets proposés, on observe premièrement une connaissance plus ou moins nette des acteurs de l’environnement politique nationale. L’un des éléments saillant est l’attitude générale à ramener les débats dans un cadre purement politique en citant certaines personnalités politiques appartenant soit à la sphère politique au pouvoir ou adverse : « vous avez vérifié si Jean Ping n’est pas aussi actionnaire dans Veolia ». Ce genre de post trahit l’idée de vouloir expliquer l’ensemble des faits gouvernementaux comme des formes d’instrumentation destinée à participer à la stratégie de conservation du pouvoir. Au-delà du regard assidu sur les événements du champ politique et la gestion de la chose publique, il appert que certains internautes interviennent en affirmant ouvertement leur appartenance à une coloration politique : « je suis un opposant dur et sec….toi et tes amis cagoulés de l’UN ». Comment pouvons-nous interpréter cette forme de militantisme ?

25   L’une des articulations positives pourrait assurément résider dans l’aspect de débat contradictoire qui se dégage chez des acteurs d’obédiences politiques différentes. N’est-ce-pas là, une forme d’existence d’un espace public où des valeurs contradictoires et démocratiques sont partagées ? (Dominique Wolton : 1998 : 167). Dans un autre sens, ces commentaires pris sur un ton de liberté s’assimileraient mieux à cet espace public contemporain tel que présenté par Bernard Miège, au regard de l’existence des actions communicationnelles (1997 :110). Car progressivement on observe à travers ces échanges l’apparition de deux groupes d’internautes qui défendent âprement leurs positions politique. D’un côté les militants du changement de régime et de l’autre ceux qui soutiennent le pouvoir en place, les défenseurs de la « galaxie émergente » comme il est coutume de l’entendre dans le jargon populaire gabonais. En mettant en scène un débat contradictoire, leurs échanges s’appuient essentiellement sur la revendication de leurs idéologies politiques. Cette situation s’apparente à ce qu’explique Romain Lecomte en parlant de la conflictualité présente sur la toile tunisienne entre les internautes s’affichant comme « modernistes » ou laïques ceux se définissant comme des conservateurs ou islamistes (2013). Dans notre cas, il s’agit plus d’une forte expression des choix politiques. Elle est plus perceptible chez ces militants du changement qui trouvent dans tous les sujets exposés le moyen de protester et dire non à un pouvoir qu’ils trouvent illégitime. À côté de ces actes, ils trouvent toujours le moyen de manifester leur attachement à leur leader politique, Jean Ping (leader politique de l’opposition gabonaise). Cette attitude met en évidence une forme d’engagement politique qui se manifeste par l’affirmation de son obédience et la défense ou la valorisation de son leader politique face à tous les événements politiques, économiques et sociaux.

26   L’avis des acteurs politiques et sociaux interrogés à ce sujet est riche sur plusieurs points. D’abord, ils soulignent l’utilité de Facebook pour l’activité en reconnaissant l’existence d’un contexte politique non favorable à l’exercice de la liberté d’expression dans des espaces traditionnels de débats. Dans l’ensemble, ils affirment l’apparition d’une forme de militantisme en ligne qui est bénéfique pour la mobilisation politique. Les extraits d’entretiens ci-dessous en témoignent mieux :

                                             Extraits d’entretiens                

 1 : « Facebook a radicalement changé la façon dont les gabonais interagissent avec leurs élus »

2 : « Avec Facebook, on assiste à l’émergence des militants très réactifs à l’actualité politique qui rend les leaders plus responsables »

3 : « Les réseaux sociaux nous évite désormais à faire du terrain mais à être plus actif en ligne. Cela nous donne de la popularité, on passe rapidement de simple militant à leader ou influenceur politique. […] Les dirigeants politiques nous contactent directement pour traiter des questions d’actualité. »

4 : « Facebook est une plate-forme qui peut servir comme vitrine politique, car chacun peut librement exprimer ces opinions politiques, son idéologie, et ses attentes vis-à-vis des gouvernants. Le cas du Gabon s'est parfaitement, car il est clairement prouvé que ceux qui ne chantent pas les louanges du pouvoir sont souvent interdits d'accéder aux médias publics, qui sont pourtant financés par le contribuable Gabonais »

5 : «  Sur Facebook, les gens s’expriment librement sur l’actualité politique. Les partisans politiques sont très virulents, ils sont visibles. Ils dénoncent. Ils organisent des mobilisations en lignes. Ils influencent mêmes des décisions des leaders. La défection du leader de l’opposition, Moukagni Iwangou, lors de sa nomination au gouvernement était dû à cette forte mobilisation de ses partisans sur Facebook »

Source : données de l’enquête

27   À travers ces extraits d’entretien, on lit clairement que le second aspect qui est mis en évidence est la visibilité du militant. Pour eux, lorsque le militant ne se dissimule pas, sa visibilité peut être bénéfique pour la base politique qui a toujours besoin de soutien sur les réseaux sociaux. Le militantisme en ligne apparaît ici comme un thermomètre permettant aux bases politiques de mesurer le degré d’implication de leurs partisans. En d’autres termes, l’activité politique sur la toile est présentée comme source de capital politique et social. Certains militants peuvent ainsi devenir des influenceurs. Facebook semble transformer le militantisme de certains citoyens en activisme politique. Un statut qui est plutôt favorable à gravir les échelons dans les directoires des partis politiques.

Discussions

28   En étudiant l’avènement des médias alternatifs du web, certains disent que l’émergence des réseaux sociaux transforme considérablement le comportement des individus sur l’Internet (Ferri Briquet : 2012 : 15). Doit-on adhérer à cette conception qui tend à valoriser les prouesses du monde technique ou encore devrions-nous admettre que le réseau social est le lieu des perceptions des changements sociétaux que nous pouvons observer grâce aux actes communicationnels ?  Pour notre part, il sied de dire que le groupe Facebook Info Kinguélé Libre offre une tribune d’expression et de débats à un corps social qui en est très demandant au regard de la configuration du paysage médiatique Gabonais. Cette tribune tient son existence, comme dans d’autres États africains, du cadre privatif qui règne dans les espaces traditionnels de débats. Dans cet espace virtuel, on observe donc le nouveau citoyen gabonais qui participe à la vie publique au gré des informations qui abondent sur les réseaux sociaux. Bien que dans certains cas, on y observe une forte diffusion des contenus issus de la doxa populaire, le déploiement d’un discours rumoral, propos que Christian Agbobli emprunte à Akindès pour montrer comment la rumeur en Afrique intervient dans le jeu politique (2016). Malgré l’existence de ces « fake news » cet espace apparait comme un nouveau moteur de la communication politique. C’est sans doute pour cela que les autorités n’hésitent pas à obstruer son fonctionnement durant certaines échéances électorales, au nom de la raison fallacieuse de sûreté de l’État. C’est apparemment ce qui s’est passé en 2016, comme nous le rapporte l’ONG Internet Sans Frontières, en relevant un ralentissement du réseau durant cette période électorale (RFI : 2016). L’activité communicationnelle observée à travers les différents commentaires n’est pas très loin de mettre en exergue une nouvelle forme de militantisme politique. Cet argument est soutenable en tenant compte des spécificités du contexte politique Gabonais. Mais comment l’expliquer ? La problématique des enjeux politiques des médias en Afrique proposée par André-Jean Tudesq (1998 : 65) pourrait bien constituer un terrain de justification à ces nouvelles postures en ligne. En effet, les structures médiatiques étant étatisées et politisées dès leur naissance, elles n’ont pas favorisé l’accès de l’ensemble des acteurs sociaux à ces tribunes de communication officiels. Et ajouté à cela, certaines dérives autoritaires qui s’opèrent par des privations des libertés individuelles qui étaient jadis très prégnantes dans le contexte monopartisan. Ces faits avaient sûrement produit un environnement passif où le citoyen n’avait pas suffisamment d’informations sur les affaires publiques. Mais cette situation semble changer. Sur la toile, c’est un nouveau type de citoyen qui se caractérise par un fort engagement politique et une défense des intérêts de ses obédiences.

    Conclusion

29  Au terme de notre analyse, nous disons que les réseaux sociaux numériques ont contribué à l’émergence des nouvelles tribunes de débats qui concurrent désormais avec les espaces publics traditionnels. Ce sont des espaces sociaux numériques favorisés dans plusieurs États africains par l’arrivée de Facebook. En permettant une large participation des populations aux débats publics, Facebook s’impose comme un espace qui se situe au cœur des enjeux politiques. Au Gabon, plusieurs groupes de débats publics se sont constitués sur la toile. C’est le cas du groupe Facebook Infos Kinguélé Libre qui offre l’opportunité aux internautes de diffuser et de débattre de l’actualité. Le succès de ces nouvelles tribunes politiques semble lier aux pesanteurs politiques qui persistent sur les médias publics Gabonais. Dans ces nouveaux espaces d’échanges, on observe plusieurs interactions sociales. Au mieux, il s’exprime une forme d’engagement politique qui se manifeste par l’affirmation de son obédience et la défense et/ou valorisation de son leader sur n’importe quel sujet exposé à la Une de cette tribune.

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Pour citer ce document

Marcy Delsione Ovoundaga, «Les réseaux sociaux du web et les nouvelles formes d’engagement politique au Gabon : le cas de Facebook», French Journal for Media Research [en ligne], Full texts/Numéros en texte intégral, 10/2018 Le web 2.0 : lieux de perception des transformations des sociétés, Le web 2.0 : lieux de perception des transformations des sociétés/Web 2.0: Places of perception of the transformations of societies, mis à jour le : 28/06/2018, URL : http://frenchjournalformediaresearch.com/index.php?id=1678.

Quelques mots à propos de :  Marcy Delsione Ovoundaga

Docteur en sciences de l’information et de la communication
Université Grenoble Alpes
marcyovoundaga@gmail.com

 

 

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